Raphaëlle Lavaud Bonnard

Artist

Salon Erotique

…Les Grandes Figures hybrides de Raphaëlle Lavaud-Bonnard marient voluptueusement des formes organiques, voire géométriques, avec ce qui semble être la silhouette d’une mante religieuse… Laurent Quénéhen espère parvenir à recréer les Salaisons, ailleurs, sous une forme coopérative, grâce à un financement participatif. Oser le mélange, encore. Art press 432 – Aurélie Cavanna

Mothers

Black & White Magic Women – Raphaëlle Lavaud Bonnard

Par ses travaux plastique de divers genres Raphaëlle Lavaud Bonnard  fait surgir l’ombre et la lumière des femmes selon une étrangeté magique, un érotisme particulier. La manifestation de la vie – parfois sous le triangle divinement perceptible – reste cependant subtilement montré/caché.

A l’imaginaire d’imaginer encore même si la créatrice multiplie des indices (dont nous lui savons gré). Le cœur de chair revient à la rencontre du voyeur sans qu’il ne soit rassasié de ce qui est montré. L’artiste à l’intelligence de « styliser » l’éros. Et le porter vers d’autres lieux. C’est sans doute de la part de Raphaëlle Lavaud Bonnard un jeu mais aussi une manière de porter sur le corps féminin une attention douce et subtile, charnelle et métaphysique. La saveur s’alimente d’une forme d’aporie suggestive. La femme est tout autant Lilith qu’abbesse. Un ruban ou un voile de tendresse  enroule son corps mais le ruissellement d’une main au fluide paisible mêle la séduction du ciel.

Dans l’escarpement du vallon le soupir s’éternise entraîne la fracture irréductible. La tentation devient pressante : soit calfeutrer les portes par peur des animismes, soit reprendre une place dans le trafic des espérances – sans songer aux déceptions toujours possibles.

Jean-Paul Gavard-Perret . Le Salon Littéraire

Passions suspendues

Photographie d'une oeuvre de la série Mothers

L’atelier OBLIK est heureux de présenter les travaux récents de Raphêlle Lavaud-Bonnard
« Mothers » est une série d’agrandissements de petits clichés anciens, imprimés sur de grands formats, revisités à travers un vocabulaire contemporain.Ces clichés de femmes sont les témoins précieux d’une histoire intime, universelle et sociale.
Déclenchées par un événement personnel, cette expérience formelle porte en elle le questionnement sur la transmission de nos lignées.
Lecture de Sylvie Vartel, présentation des Carnets d’artistes de Eric Higgins Editeur

Nuit Blanche 2012

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Aperçu de l'installation

Installation / Performance : salons de l’Hotel de ville de Clichy (92), France
Chorégraphe : Pascale Legrand
Danseuse : Sarah Benazeraf Lescop
Installation : Raphaëlle Lavaud-Bonnard

Le CORPS c’est… Corps symbolique, corps fantasmé

« Couper, coudre, molletonner l’étoffe, douce, rappeuse, moelleuse… de la couleur verte de la vase du lac, rouge des tomettes du sud, bleu profond des passementeries, brun sourd de l’habit d’hiver, rayures légères d’une enfance insouciante, fleurs folles d’un printemps bourguignon, cuivres d’un exotisme passé, pastels vifs des pétales exubérants des fleurs de cactées. Caresses charnelles des plissés, drapés, cintrés, voiles fluides et tendres, tensions rassurantes de toiles lourdes à la trame rustique. Tendre une nouvelle peau empreinte de l’évidente lignée de géniteurs mythiques. Tisser cette mémoire fluide et infinie sur la gorge, les seins, les poumons, l’épaule ou l’aisselle, le creux du diaphragme ou la hanche, les reins… Mâles et femelles, corps asexués s’enchevêtrent, se cachent, jouent et dansent, se guettent et se sourient, dévalent et glissent, trouvent leur place logique dans cette architecture, Corps de la mère tribu. » Extrait de journal

Moulin de la Fleuristerie

Chaumont, France, Juillet 2011
Illustration de l'exposition au Moulin de la Fleuriste

Scénographie: Cécile D’Humières

« Empreintes de féminité au moulin de la Fleuristerie Eloge de la Femme fleur qu’elle soit tirée de l’imaginaire, inspirée par un modèle ou suggérée par un corset, la femme est « fleur parmi les fleurs ». « Femmes, soyez femmes, pas par l’apparence, par le caractère »…
Raphaëlle aurait à cœur d’être un étendard de la féminité, du droit des femmes, pour leur offrir « la parole à travers la peinture ». Ses femmes, aux motifs, imprimés colorés, sont pleines de vie et de dynamisme. »
Extrait du journal de la Haute-Marne

Nuit Blanche 2009

Photographie de la performance Nuit Blanche 2009

Installation : Raphaëlle Lavaud-Bonnard
Chorégraphie : Pascale Legrand
Danseuse : Sarah Benazeraf-Lescop

À fleur de peau

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Illustration 1 de l'exposition au Rutebeuf
Illustration 2 de l'exposition au Rutebeuf
Illustration 3 de l'exposition au Rutebeuf
Galerie municipale du Théâtre Rutebeuf, Clichy (92), 13 mars – 21 avril 2008
Photos de Patrice Bondurand

(Directly go to the English version)

Avant-propos de Sylvie Bellu du catalogue de l’exposition publié par la Direction de la Culture de Clichy-la-Garenne.
Raphaëlle Lavaud-Bonnard fait dans la dentelle, mais pas seulement…
Rescapés des greniers familiaux, ses corsets se parent aussi de velours, de taffetas, d’organdi, de mousseline, de plumes, de rubans … pour se muer en toiles. Peu encline à s’attarder sur l’image de carcan, de corps enserre à en perdre le souffle, l’artiste réinvente cet accessoire éminemment féminin en tableau, sculptant le buste, modelant les seins, dessinant les courbes, peignant une tête câline sur la rondeur d’une épaule; une autre plus coquine sur la proéminence d’une hanche, créant une seconde peau en attente de caresse, jeux d’aiguilles et coups de pinceau empreints de sensualité.
Loin des artifices de la haute couture et de la mode – même si l’originalité des motifs, la profusion des couleurs, le raffinement des matériaux affichent une parenté avec l’univers chatoyant d’un Lacroix ou d’un Kenzo -, ses corsets devenus femmes semblent sur le point de s’animer, de danser, de s’envoler vers un monde aux accents colorés et lyriques en perpétuel devenir. Leur fonction vestimentaire évanouie, ils dégagent l’étreinte de son air de contrainte pour ne conserver que la volupté de l’enlacement, et les voilà libres et imprévisibles … Comme sont libres et imprévisibles les femmes qui peuplent les tableaux de Raphaëlle. Femmes à peau de fleurs aux noms d’oiseaux, femmes à fleur de plumes.
Harpies roses plantées en lotus se multipliant, s’entremêlant jusqu’à ne plus faire qu’une et se fondre en tapis de fleurs, gargouilles aux reflets aquatiques épousant l’arrondi d’une voûte, prêtes à plonger dans le vide, diablotins écarlates jaillissant comme échappés des vitraux d’une église et se prenant pour des anges, trapéziste empanachée tentée par le double saut périlleux, narguant le spectateur dans un ultime geste de défi, sirènes papillonnantes (mouettes rieuses ou sardines sorties du rang) happées par l’appel du large, abandonnant sur les galets leur chrysalide ciselée pour aller rejoindre les profondeurs abyssales, péronnelles exubérantes en cretonne provençale caracolant dans les meules de foin de la campagne bourguignonne, reliant avec tendresse et humour les deux rives familiales. Kaléidoscope d’une enfance omniprésente.
Hallucinées ou apaisées, intrigantes ou mutines, les femmes animales de Raphaëlle deviennent éléments de l’architecture, composantes du paysage. En quête d’harmonie, elles font corps avec la nature, se l’approprient. pour s’y fondre et devenir elle. Leur regard nous transperce, nous questionne, nous ignore aussi parfois, quand elles ne nous tournent pas le dos pour s’éloigner, impertinentes et moqueuses, capables à tout instant de bondir hors de l’espace du tableau. Pêle-mêle de souvenirs d’ici et de désirs d’ailleurs.
Créatrice fertile à l’imagination débridée, Raphaëlle Lavaud-Bonnard combine les techniques, associe les matériaux et s’immerge dans la couleur en toute liberté. Sculpteur et peintre, elle explore les qualités plastiques et poétiques de l’assemblage, juxtaposant fragments de réalité à pur imaginaire. Son goût pour les dentelles anciennes – évocatrices de visages familiers -, les tissus d’ameublement – porteurs de secrets d’alcôve – ou les papiers peints de son enfance – surchargés de motifs – l’a conduite à intégrer de plus en plus souvent dans ses compositions des pièces d’étoffes précieuses ou singulières. Tout n’est alors affaire pour l’artiste que d’intuition: se laissant guider par les couleurs, les textures ou les imprimés, les tissus imposent leur présence, avant de devenir peau, animal, végétal, et d’inspirer et accompagner le pinceau. Coloriste au talent polymorphe, elle déploie une palette audacieuse, contrastée, parfois violente, pour donner vie à un univers onirique et sensuel, qu’elle décline dans des figurines de papier mâché à la lisière de l’humain … Celles-là mêmes qui hantent ses recherches photographiques, dont les tirages sur plexiglas se jouent de la transparence et de la lumière. Influences réciproques pour un langage intuitif.
Le parfum d’étrangeté qu’exhale son travail aux multiples facettes, à la fois rassurant et inquiétant – vibration sensorielle entre tangible et intangible -, fait de Raphaëlle Lavaud-Bonnard une artiste « inclassable ». Consciente d’occuper une position hors des catégories reconnues de l’art et la percevant comme un atout, elle s’attache à façonner un « réel imaginaire » rejoignant en cela la démarche d’artistes telles qu’Annette Messager -, convaincue que l’art est une manière de parler, de dire une émotion, de transmettre le souffle de vie. Une manière de manier l’impalpable telle une évidence.
Sylvie Bellu. Mars 2008

Raphaëlle Lavaud-Bonnard acts with finesse – finesse as fine as lace. but not just lace alone …
Escapees from familial atties, her corsets are festooned with vetvet, too, with toffews, organdies, muslins, feathers and ribbons, thus transforming them into canvasses. Little disposed to dallying with images of the steely belt and the body crushed till it can no longer breathe, the ortist reinvents this eminently feminine accessory as a species of artwork, scufpting the bust, modelling the breasts, limning the curves, pointing a tender foce on one round shoulder, here, another, more mischievous one, on the prominence of a hip over here, and creating a second skin thot woits only to be caressed, an interplay of needle and brushwork imbued with sensuality.
Far from the artifices of haute couture and of fashion, even if the originality of the motifs, the profusion of cotours and refinement of materials does manlfest some relationship wim the shimmering universe of a Lacroix or a Kenzo, her corsets-become-women seem on me point of coming to life, of dancing, of taking off into a world of coloured and lyricol accents in a state of perpetual becoming. Their ‘vestimentary’ function eclipsed, they shed the bonds of their air of constraint to retain only the volupltous aspect of the lacing, and, suddenty there they are free … unpredictable … Free and unpredictable as the women who people her paintings, women with skins of flowers and the names of birds – women of flowers and feathers.
Pink, immobile harPies, seated in lotus, muftipling and merging till they become one, dissolving into a carpet of flowers, gurgling with aquatic reflections espousing the curve of a dome, waiting to dive into the void, tiny scarlet devils showering forth as though escaped from the stained glass windows of a church and convinced they’re actualty angels, a trapeze artist caught up in his own panache and tempted by the double somersauft making the spectator in an ultimate gesture of defiance, butterfly mermaids (are they laughing gulls or sardines out of line?) swallowed up by the colt of the sea, abandoning their chiselled chrysalides upon the pebbles and setting off, back into the abyssal deeps, high-spirited peasant girls in caracoling Provencal cretonne among the haystacks of the Burgundian countryside, tenderly and humorously linking both sides of her fomily. The omnipresent kaleidoscope of childhood.
Hallucinated or pacified, intriguing or mutinous, Raphaëlle’s animal-women become elements of the architecture, part of the landscape. ln search of harmony, they unify themselves with nature, appropriate it so as to dissolve into and become it their gaze transpierces us, questions us, sometimes also ignoring us, when not actually turning its back on and spurning us, impertinent and mocking, quite capable at any moment of leaping right out of the space of the painting. A pell-mell of memories of here and of desire for elsewhere.
Fertile creator, her imagination unbridled, Raphaëlle Lavaud-Bonnard combines techniques, mixes media et steeps herself in colour in total freedom. Sculptress and painter, she explores the plastic and poetic qualities of assemblage, juxtaposing fragments of reality and the purely imaginary. Her taste for old lace (evocation of familiar faces), furnishing material (keepers of the secrets of the alcove) and the wallpapers of her childhood with their overload of motifs, have brought her, more and more often, to add precious or interesting pieces of material to her compositions. All she needs then is to bring her intuition into play: thus, guided by the colours, textures or prints, she allows the material to impose its presence before becoming skin, animal or vegetable, and to inspire and accompany the brush. Talented and polymorphic colourist, she uses an audacious, contrasted, sometimes violent palette to give life to an oneiric and sensual universe which flnds its expression in papier mâché flgurines at the extreme limit of the human … The very ones haunting her photographic research whose Plexiglas prints are a play of transparency and light. Reciprocal influences for a language of intuition.
The perfume of the strange exhaled by her multi-facetted work, simultaneously both comforting and disquieting – sensorial vibration between the tangible and the intangible – makes Raphaëlle Lavaud-Bonnard an « unclassiflable » artist. Aware that she occupies a position outside the recognised categories of art and seeing this as a advantage, she sees her task as the creation of an « imaginary real »‘, thereby allying herself with the approach of artists such as Annette Messager and convinced that art is a way of speaking, of expressing an emotion, transmitting the breath of life. A way of dealing with the impalpable as what is obvious.

Borderline

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Galerie Post’Art, Milan, novembre 2004
Extraits d’un texte critique de Amel Ferhat-Jenkins.
… « Qu’est-ce qu’une limite?
Ils en cernent les contours par des moyens plastiques audacieux sans nous révéler ce qui se trouve de l’autre coté de la frontière car seule l’expérience du basculement importe. On est constamment dans cette tension entre deux énergies qui viennent diviser l’image; ici ou là-bas. (…) Ceci appartient à l’état intermédiaire, un ailleurs présent, un passé vivant qui nous déstabilise, nous renvoie à la limite de quelque chose de familier et d’étrange à la fois. L’expérience de la limite est étroitement liée au point de vue, que seule la peinture peut mettre en évidence par des formes colorées. Imposer un point de vue au spectateur ne signifie en rien l’enfermer dans une vision du monde, mais au contraire le pousse à des questionnements. L’essentiel de la peinture de Raphaëlle consiste en une interprétation inédite du corps et du visage humains, restitués en des attitudes ramassées mais vivantes, ou en des expressions hagardes mais d’une vérité criante. Ses personnages sont à la limite de la désagrégation ou de la déformation et paradoxalement, ils sont peints dans des postures quotidiennes: couchés, vautrés, endormis ou faisant l’amour. » …

Acte 1 – Scène 1

Galerie Post’Art, Milan, février 2004
Extraits d’un texte critique de Amel Ferhat-Jenkins.
… « Le travail de Raphaëlle s’inscrit dans une recherche plastique où l’exaltation du processus pictural se mêle à une distanciation mise en forme par le recours quasi systématique au collage.
L’originalité de son style, combine de manière très audacieuse un graphisme dépouillé et une palette de couleurs riches qui participent à la création de cette atmosphère rassurante et inquiétante à la fois.
La pratique du dessin et de la sculpture la conduit à élaborer un style d’une rare tension, ou la couleur violente disposée en aplats, est contenue par un dessin sobre et ramassé.
L’érotisme qui se dégage de ses peintures ne se limite jamais à une iconographie banale du couple, mais révèle des sentiments enfouis ou la douleur et le plaisir se côtoient en permanence »…
… « Les séries de couples mettent en évidence une construction plus synthétique comme pour révéler l »essence du désir »…